
Tu étais là devant moi, dans ton fauteuil roulant, et je savais que le temps nous était compté. Je voulais t'emmener à Royan une dernière fois. Avant qu'il ne soit trop tard.
Et là, ils entraient et me disaient qu'il était trop tard, que tu étais mort. J'avais oublié.
Les mois passent, et le deuil ne se fait pas. Je pleure dès que je vois une photo de toi, je pleure dès que je me souviens de toi et que je prends conscience que je t'ai perdu pour toujours. Tu me manques tellement. Beauvoir n'est plus Beauvoir sans toi. Le jardin, la maison, je ne reconnais plus rien. D'autres douleurs ont éclipsé mon deuil, et quelque part, j'en veux à celui qui m'a empêché de te pleurer en m'abandonnant alors que j'avais besoin de lui. Bon Papa. Le seul grand-père que j'ai jamais eu, le seul qui a bien voulu s'occuper de nous et jouer son rôle. Le seul, peut-être, qui m'aimait...
Le seul qui me manque aujourd'hui.
Et toi, Pata, il y a un an jour pour jour, je te voyais pour la dernière fois. Toute petite dans ce lit d'hôpital, tu dormais, et ton alliance était devenue trop grande. Le soir même, tu sombrais dans le coma. Comme Bon Papa, tu hantes souvent mes rêves, et toujours, je rêve d'un monde où vous seriez encore là, je rêve d'un monde où je pourrais vous serrer dans mes bras. Et toujours, vous m'échappez, vous disparaissez et mes deux bras n'enserrent plus que du vide. Poussière d'étoile.
"Où que tu sois, je resterai toujours avec toi..." Quelques mots d'allemand entrecoupés de sanglots, avant que tu ne disparaisses.








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