
Quelle drôle d'histoire. Quel drôle de hasard. Deux aimants. Nous sommes les rois des bonnes raisons qui excusent tout. Des milliers de kilomètres plus loin, je te retrouve, et tout recommence. L'audace va crescendo. Il y a ce parfum d'interdit, ton regard qui me dévore, les rires en cascades, les courses poursuites, les dents qui s'enfoncent dans la chair, les doigts qui courent sur la peau, tes baisers sur ma joue, un peu trop longs, un peu trop appuyés, la tristesse cachée des adieux. Et cette certitude, qui va grandissante, de s'être rencontrés trop tard, de s'être aimés trop vite, dans des temps qui ne le permettent pas.
Et bientôt, il y aura la mer, le vent, et le rire, toujours. Et ton regard, qui me transperce, qui me fouille, qui lit tout en moi. Et ton sourire, muet mais plus parlant que tout ce que tu pourrais dire. Et cette torture, dans tout ton être. Tes démons te tourmenteront longtemps. Ma souffrance est légère, la tienne est terrible. Je ne t'envie pas. Tu te retrouves face à un choix, un choix terrible, que je n'aimerais pas faire. Et que je ne veux pas que tu fasses.
Je refuse de devenir celle que j'ai haï. Je refuse de causer le malheur d'une autre. Alors, j'attends, les jours qui viendront et ceux qui suivront , auront leur lot de joies, et de tristesse. Je resterai dans l'ombre, tant qu'il faudra. Rien, rien ne peut plus me faire souffrir. J'ai tant enduré, que je ne sens plus ces douleurs là.
Et je suis heureuse. Heureuse de t'avoir rencontré, que tu m'aies sauvée, que tu m'aimes un peu et d'avoir la vie devant moi. Heureuse d'avoir grandi, heureuse de ce jour où tu m'as vue, et où je ne te voyais pas, les yeux pleins de larmes. Heureuse que tu aies voulu me rencontrer, à tout prix.
Heureuse d'avoir retrouvé la folie avec toi.
Il nous reste la musique, et les mots. Et nos rêves. Nos espoirs.
La magie.









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