Lequel des douze cousins a commencé à l'appeler Pata...?
Je l'ai oublié, mais ce surnom lui est resté à jamais.
Pata, la grande dame de la famille, que tout le monde idolâtrait, à commencer par son père et son mari...Capricieuse, avec sa vie de rêve. Son père qui la traitait en princesse, centre de toutes les attentions, comme sur cette photo. Son mari, fou d'elle jusqu'au bout, qui lui dessinait des bijoux rien que pour elle, et la couvrait de de cadeaux. Sa vie mondaine dans Poitiers, ses amis, ses bals, sa grande maison rue Alsace Lorraine, pleine de trésors...Sa couturière qui lui faisait sa garde-robe, Chanel n°5, son élégance incomparable, son tour de taille de 56 cm, Traversais, acheté pour elle...
Pata, mon grand modèle, cette grande dame que je n'aurai connu que quelques courtes années, que je pouvais écouter parler pendant des heures...que j'allais voir, pour plonger avec elle dans son passé...
Depuis un an, je dois faire ce deuil d'elle, alors qu'elle est toujours là...
Quelle douleur immense.
Pouvoir la toucher, la prendre dans mes bras, la regarder, lui parler même....quand ce n'est plus elle.
Pata, tu as souffert et tu as pleuré quand tu as compris ce qui t'arrivait. Te voir pleurer m'a toujours fait pleurer. Je ne supporte pas ta douleur. Aujourd'hui, tu es partie, tu ne souffres plus, les longs adieux commencent. Je ne veux pas te perdre. J'aurais voulu que tu sois là, au premier rang, le jour de mon mariage. Et que tu tiennes mes enfants dans tes bras. Pata, je t'aime tellement. Tu vas tellement me manquer. Je pleure de savoir que tu vas mourir, bientôt, alors que j'aurais besoin de toute une vie pour que tu saches à quel point je t'aime.
Vivante, tu me manques déjà. Que serai-je sans toi ?
Reste avec moi.
Mon seul réconfort ce soir est de savoir qu'il t'attend là-haut depuis 33 ans. Qu'il t'aimera plus que nous ne pourrons jamais t'aimer. Il t'a tant manqué.
Mais je n'arrive pas à te laisser partir.